__________ raconte moi les couleurs ___________
...___________" Je ne suis pas habituée à écrire sur commande. D'habitude, les mots viennent et me hantent jusqu'à ce que je les couchent bout à bout sur du papier, y apporte des nuances qui me sont propres. Un peu comme un peintre qui ajouterait son bleu préféré, un camaïeu qui lui est cher à son tableau. Là, c'est différent: je dois presque invoquer les mots, les faire venir jusqu'à moi. Mais soit, j'accepte de relever ce défit !
...______ Les couleurs, donc. C'est un terme qui est à la fois très simple et compliqué à définir. On se dit : « Couleurs ? Hé bien, c'est facile ! » . Puis on arrive devant sa feuille, on prend son stylo, et là, bizarrement, rien ne vient. Le trou noir, le syndrome de la feuille blanche. Je crois que c'est un mot que l'on a tellement l'habitude de rencontrer que le simple fait de le définir ou même d'écrire dessus ne nous est jamais venu à l'esprit. C'est peut être parce qu'elles sont indispensables à notre vie, aussi stupide que cette notion puisse paraître. Que nous ne pouvons simplement pas vivre sans. Qu'elles apportent, sans le savoir, une petite touche de bonheur à notre quotidien. D'ailleurs, nous non plus, nous n'avons pas l'air de le savoir. Mais que serait la vie en noir et blanc ? Que serait la vie si nous ne pouvions pas choisir la couleur de nos habits, admirer un tableau, la beauté d'un paysage, le bleu du ciel, voir les yeux de ceux que nous aimons briller ? Faire simplement la différence entre le gris et tout le reste ? Et notre couleur préférée, que deviendrait-elle alors ? J'ai le sentiment que nous avons bien vite oublié l'importance de ces couleurs, tout ce qu'elles nous apportent. Leur naturelle beauté. Toute la palette immense qu'elles représentent. L'univers qu'elles créent. Si l'on regarde aujourd'hui les personnes dans la rue, elles portent toutes la même couleur. Beaucoup de noir, et puis un peu de gris, de bleu, de rose selon les saisons. Les couleurs sont devenues une mode et non une identité. Une façon d'en dire un peu plus sur soi-même, de confier un secret sur nous à ceux qui nous regardent. De leur murmurer « regarde comme j'aime le orange » sans avoir à parler.
Alors, puisqu' aujourd'hui, on ne peut l'affirmer, moi je vais vous l'écrire, mais promettez-moi de ne rien dire, hein ?
J'aime le bleu turquoise, le vert des feuilles au soleil du printemps, le rouge foncé, le orange-mandarine, le bleu du ciel sans nuages en été, le vert pomme. J'aime inventer des couleurs, j'aime leur caractère si unique. J'aime les allier, faire des mélanges, leur donner un souffle nouveau. Leur donner la Vie. Mais je n'aime pas le noir. "
En écoutant ça.Photo by Koto Bolofo.